
Régression du sommeil à 18 mois : que se passe-t-il et comment l'accompagner
Réveils nocturnes, refus de dormir, pleurs au coucher : la régression du sommeil à 18 mois touche la majorité des tout-petits. Ce que la science en dit, et comment l'accompagner.
Votre tout-petit dormait plutôt bien, et depuis quelques jours il se réveille plusieurs fois par nuit, pleure au coucher ou refuse de s’endormir seul. Autour de 18 mois, cette régression du sommeil touche une grande majorité des enfants, et elle a des causes développementales bien identifiées, pas un simple caprice ou un mauvais pli à corriger.
Qu’est-ce que la régression du sommeil à 18 mois ?
La régression du sommeil à 18 mois désigne une période de quelques semaines où un enfant qui dormait relativement bien recommence à se réveiller la nuit, à pleurer au coucher ou à refuser sa sieste. Elle touche la grande majorité des tout-petits à des degrés variables, et n’est pas liée à une erreur des parents. Vers 18 mois, cette période de régression du sommeil chez bébé bouscule temporairement de bonnes habitudes de sommeil déjà installées, avant un retour progressif à un rythme de sommeil plus stable.
Cette régression coïncide avec un moment charnière du développement : l’enfant devient plus conscient de son environnement, de son autonomie naissante et de la présence (ou de l’absence) de ses parents. Contrairement aux régressions plus précoces (4 mois, 8-10 mois), largement liées à la maturation physiologique du cycle de sommeil, celle de 18 mois est davantage portée par des facteurs émotionnels et cognitifs.
Ce que dit la science : l’angoisse de séparation au cœur de la régression
L’angoisse de séparation atteint souvent un pic autour de 18 mois, et son intensité individuelle détermine en grande partie la façon dont un enfant traverse cette période et répond aux stratégies d’accompagnement. Un enfant très anxieux à l’idée de se séparer de ses parents réagit différemment d’un enfant plus serein, même face à la même méthode d’endormissement.
Un essai randomisé portant sur 91 nourrissons de 9 à 18 mois présentant des troubles du sommeil a comparé deux approches : le « Checking-in » (vérifications régulières et espacées) et le « Camping-out » (présence rassurante progressivement éloignée). Les enfants peu anxieux ont progressé avec les deux méthodes, mais seuls ceux ayant un niveau élevé d’angoisse de séparation ont vu leur sommeil s’améliorer avec le Camping-out, la méthode la plus progressive et rassurante (Sadeh et al., 2020). Ce résultat scientifique invite à adapter l’approche au tempérament de l’enfant, plutôt qu’à appliquer une méthode unique à tous les âges et tous les profils.
Les autres facteurs qui s’ajoutent : langage, motricité, molaires
Plusieurs acquisitions développementales se concentrent souvent autour de 18 mois et s’ajoutent à l’angoisse de séparation pour perturber davantage les nuits. Aucune de ces causes n’exige d’intervention médicale particulière, mais les connaître aide à comprendre ce qui se joue.
L’explosion du langage (l’enfant passe souvent de quelques mots à des dizaines en quelques semaines) s’accompagne d’une activité cérébrale accrue qui peut fragmenter le sommeil, un peu comme chez l’adulte après une journée cognitivement intense. Les progrès moteurs (marche assurée, escalade, premiers essais de saut) entretiennent une excitation motrice qui retarde parfois l’endormissement. Enfin, l’éruption des premières molaires survient fréquemment entre 13 et 19 mois et peut provoquer un inconfort ponctuel la nuit, distinct d’une régression installée sur plusieurs semaines. Pour la différencier d’autres causes de réveils, notre article sur les poussées dentaires et le sommeil de bébé détaille les signes à surveiller.
Comment accompagner cette période sans repartir de zéro
Accompagner une régression du sommeil chez le bébé ou le tout-petit ne veut pas dire abandonner les acquis construits jusque-là, mais ajuster temporairement sa réponse à l’intensité de l’angoisse de séparation de l’enfant à cet âge. L’objectif reste d’aider bébé à retrouver un sommeil paisible sans repartir de zéro. Une routine de coucher stable, prévisible et un peu allongée (quelques minutes de présence rassurante supplémentaires) suffit souvent à traverser le pic sans tout reconstruire ensuite.
Pour les enfants les plus anxieux, privilégier une présence progressive plutôt qu’une méthode plus abrupte est cohérent avec les données scientifiques disponibles. Notre article sur faut-il laisser pleurer bébé pour dormir et notre comparatif de la régression du sommeil à 8-10 mois permettent de resituer cette étape dans la trajectoire plus large du sommeil de l’enfant. Nommer explicitement la séparation en journée (un petit rituel de départ, une phrase simple et répétée) aide aussi certains enfants à mieux vivre la nuit, qui reste la plus longue séparation de leur journée.
Alléger la charge des nuits pendant la régression
Une régression du sommeil de plusieurs semaines, avec des réveils nocturnes répétés, épuise les parents autant que l’enfant, que la période se situe autour de 18 mois ou s’étende jusqu’à 12 mois plus tard selon chaque enfant. Se relayer entre les deux parents et s’appuyer sur des repères objectifs plutôt que sur une vigilance permanente permet de traverser cette période sans s’épuiser complètement.
Un suivi objectif du sommeil de l’enfant aide à distinguer un réveil isolé d’un vrai schéma de régression qui s’installe, et à savoir quand la situation s’améliore réellement plutôt que de se fier uniquement à l’impression de fatigue accumulée.
Important : Mothair est un dispositif de suivi du bien-être de l’enfant. Il n’est pas un dispositif médical au sens du Règlement européen 2017/745 (MDR) et ne se substitue en aucun cas à un suivi médical ou psychologique professionnel. Les informations de cet article sont issues de sources scientifiques publiques et ne constituent pas une recommandation médicale, consultez votre pédiatre pour toute question sur le sommeil de votre enfant ou son développement.
FAQ
La régression du sommeil à 18 mois touche-t-elle tous les enfants ?
Non, mais elle est très fréquente : elle correspond à un pic normal d’angoisse de séparation associé à l’explosion du langage et à l’acquisition de nouvelles compétences motrices. Certains enfants la traversent à peine, d’autres la vivent plus intensément pendant plusieurs semaines.
Combien de temps dure la régression du sommeil à 18 mois ?
Elle dure généralement 2 à 6 semaines, le temps que l’enfant intègre les nouvelles compétences (langage, motricité, autonomie) qui perturbent temporairement son sommeil. Une fois ces acquisitions stabilisées, le sommeil revient le plus souvent à son niveau antérieur.
Faut-il changer sa méthode d’endormissement pendant cette période ?
La science montre que l’intensité de l’angoisse de séparation doit orienter le choix de méthode : les enfants les plus anxieux répondent mieux à des approches progressives et rassurantes qu’à une méthode plus abrupte (Sadeh et al., 2020). Il est possible d’adapter temporairement sa routine sans repartir de zéro sur les acquis de sommeil.
Les dents (molaires de 18 mois) peuvent-elles expliquer les réveils ?
Oui, l’éruption des premières molaires survient souvent autour de 13 à 19 mois et peut s’ajouter à l’angoisse de séparation pour perturber davantage les nuits. Un inconfort dentaire ponctuel se distingue toutefois d’une régression installée sur plusieurs semaines.
Quand consulter si le sommeil ne se stabilise pas ?
Si les réveils nocturnes intenses persistent au-delà de 6 à 8 semaines ou s’accompagnent d’autres signes inhabituels (perte d’appétit, régression du langage, fatigue diurne majeure), un avis pédiatrique permet d’écarter une autre cause et de vous accompagner.
À retenir
- La régression du sommeil à 18 mois est très fréquente et n’est pas liée à une erreur parentale, contrairement aux régressions plus précoces, elle est surtout portée par l’angoisse de séparation.
- L’intensité de cette anxiété doit orienter la méthode d’accompagnement : les approches progressives fonctionnent mieux pour les enfants les plus anxieux (Sadeh et al., 2020).
- Langage, motricité et molaires s’ajoutent souvent à l’angoisse de séparation pendant cette période charnière.
- Elle dure généralement 2 à 6 semaines et ne nécessite pas de repartir de zéro sur les acquis de sommeil.
- Un avis pédiatrique est utile si les réveils persistent au-delà de 6 à 8 semaines ou s’accompagnent de signes inhabituels.
Découvrez Mothair
Le sur-matelas connecté qui veille sur la respiration et le sommeil de votre bébé, sous le drap, sans contact.
Lire aussi

Attachement sécure du bébé : ce que la science dit vraiment
23 août 2026

Premier mois avec bébé : ce que la science dit du sommeil et de la matrescence
23 août 2026

Dette de sommeil chez l'enfant : pourquoi 76 % des moins de 3 ans manquent de sommeil
16 août 2026